Chronique d'un soir d'octobre

Il est des jours où tout va mal
Où le peu de certitudes que l'on avait en un instant s'effondrent
Où soudain le nord devient sud, et le sud s'enfuit à l'est
Certains jours, on jurerait qu'il ne fallait pas se lever, mais rester chez soi à ignorer l'extérieur

Et pourtant toujours, l'aube embrase les immeubles d'un sang nouveau
Toujours, les les arbres tendent leurs feuilles en fin de vie,
Et profitent de chaque brise
Comme si celle-ci pouvait un instant de plus les raviver
Bien que cela ne fasse que les emporter plus loin
Pourrir dans un quelconque caniveau

Il est des jours où penser au lendemain devient impossible
Tant la complexité d'aujourd'hui nous effraie
Où même l'heure qui suit est une énigme
Qui apporte son lot de surprises
Et de déceptions

Et pourtant, toujours, On avance sans trop savoir ce qui nous attend
On avant parce que l'on sait que c'est en avançant
Que l'on pourra découvrir
Ce que l'avenir nous réserve
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# Posté le mercredi 21 octobre 2009 17:30

Devant chez moi

L'arbre devant chez moi a été abattu
Tombé, brutalement, comme une attaque
Un craquement profond pour prévenir la chute
Déjà je l'entends danser, par petits morceaux
dans la cheminée
Comme un "i" il est tombé, droit
Un "i" en italique
Après qu'on l'eut déshabillé
Un arbre à poil, vous avez déjà vu ?

Il me manque
Son ombre que je détestais ne s'allonge plus
Dans mon jardin, ses branches ne tombent plus
S'il n'y a plus de coupable
A quoi bon condamner ?
La justice devra bien se passer de nous

A sa place, un trou
Dans le sol d'abord, où fourmille la vie
A échelle réduite
Mais surtout dans le ciel
Il est bleu
Bleu pour un vert aux couleurs changeantes en Automne
Par ce trou j'aperçois la montagne en arrière-plan
Qui se dresse, imposante et glaciale
Iceberg minéral, inébranlable et silencieux
Surprenante face cachée de l'arbre.
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# Posté le dimanche 11 janvier 2009 06:02

Modifié le dimanche 22 mars 2009 15:51

Sal(l)e

On entre dans la pièce
Et soudain, l'odeur putride nous assaille
Des murs, suinte la moisissure
Choc.

Mais il faut y aller
Pour mieux voir en détails
La laideur n'attend pas
Bientôt, le rideau tombera
Et ce sera un véritable spectacle
Un peu de poussière en guise de déguisements
Un rayon de soleil pour poursuite

Attention où vous marchez
Le plancher est pourri; vous pourriez vous tuer
Au fond de la salle, un tableau noir
Massif, silencieux
Faisant régner l'ordre dans la salle
De ses yeux noirs

Trois chaises mourantes
Elles ont été oubliées par le fossoyeur
Ici, pas besoin de légiste
Pour constater qu'il n'y à rien à faire
Tout est mort

En regardant par la fenêtre, je me suis aperçu
Qu'un nouvel immeuble avait été construit.

# Posté le mardi 30 septembre 2008 15:51

L'Homme (II)

Le calme règne en ce lieu de prière
Les voûtes gothiques construisent
Un espace sans comparaison possible
Avec les hommes du tout-petit que nous sommes
On aimerait bien prier
Mais nos prières sont bien trop risibles
Et nos âmes bien trop avides

Mais on prie quand même
Et nos prières sont quelques mots de plus
Qui iront se perdre dans un coin perdu du Paradis
Mais qu'importe ! On prie, parce qu'il le faut
Encore un peu d'espoir

Et la lumière qui, à travers le vitrail,
Illumine l'homme priant
Lui donne la sensation d'être un saint;
Ce n'est rien qu'une impression

La religion bâtit des murs : églises, villages, villes, pays
La foi véritable les abat
Mais qui croit vraiment ?

# Posté le mardi 30 septembre 2008 13:55

Modifié le mardi 30 septembre 2008 15:44

Der Mann (II)

Un petit en allemand, non pas que j'aie changé de langue natale (loin de là) mais qu'il a été écrit pendant mon séjour en Allemagne, et que j'ai pris la liberté de l'écrire en allemand, pour rajouter du piquant.

Je vous laisse apprécier (si c'est le cas ! :P)

Ruhe auf diesem prächtigen Platz
Die gotischen Gewölbe ersaffen
Ein Raum, der in keinem Verhältnis steht
Im Vergleich zu dem allzu kleinen Menschen, die wir sind
Man möchtet gern beten
Aber unsere Gebete sind viel zu lächerlich
Und unsere Seele viel zu gierig

So betet man
Und seine Gebete sind ein paar Wörter
Die werden an einem vergessenen Ort des Himmels
Verloren werden
Aber es macht nichts! Man betet, dann braucht man
Noch ein bisschen Hoffnung

Und die Lichter, die durch die Kirchenfenster
Lichten des betenden Mannes
Machen ihm den Eindruck, ein Heiliger zu sein;
Es ist nur ein Eindruck

Die Religion baut Mauern: Kirchen, Dörfer, Städte, Länder
Der Glaube stellt diese Mauern um
Aber wer glaubt wirklich ?





Bien sûr, une traduction suit ! (article suivant)
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# Posté le mardi 30 septembre 2008 13:51